Communiqué de rentrée de Solidaires Etudiant-e-s Grenoble

Communiqué de rentrée de Solidaires Etudiant-e-s Grenoble

Le 10 Septembre 2013, le magazine l’Etudiant du groupe privé belge Roularta media groupe classait Grenoble en tête du « palmarès des villes où il fait bon étudier » en France.

Alors que les cours ont repris ou reprennent cette semaine dans l’ensemble des universités grenobloises, nous souhaitons mettre en garde les étudiant-e-s et braquer le projecteur sur les problèmes habillement esquivés et occultés par cet effet d’annonce, alors même que cette première place a suscité dans la presse locale et dans la bouche des décideurs de notre campus et de notre ville une bien creuse euphorie.

En effet, derrière une méthodologie légère, partiale et partielle, les principaux enjeux liés aux conditions d’études et à la qualité de vie réelle sont tout à fait absents ; En premier lieu, la précarité étudiante, et son corollaire, le nombre important d’étudiant-e-s contraint de se salarier pendant leurs études, restent, à Grenoble, aussi problématiques que sur l’ensemble du pays. Le salariat contraint, première cause de l’échec et donc premier levier de la sélection sociale à l’université, s’est durablement installé devant l’insuffisance des mesures d’aide sociale et les carences actuelles du Crous.

Genevève Fioraso, actuelle ministre de l’Education Supérieure et de la Recherche (ESR) originaire de notre cuvette grenobloise lauréate, continue d’ailleurs par sa politique à organiser la privatisation progressive des universités, et leur mise en concurrence. Ainsi, le mouvement de fond vers la privatisation -déjà renforcé par la LRU, adoptée par la droite en 2007- est maintenue et délibérément poursuivie par le projet de loi Fioraso et la réforme Crous 2020, au plus grand mépris des conditions d’études et de la possibilité pour les personnels d’assurer un service public de qualité.

Dans l’agglomération grenobloise, ces projets trouvent un écho fort intéressé, et élus, patrons et décideurs universitaires main dans la main sont prompt à y puiser des idées innovantes pour accroitre leurs bénéfices au détriment des étudiant-e-s, à grand renfort de campagnes de communication publique1. Quelques exemples : projet GIANT promouvant une science élitiste, tournée vers le marché et acritique, fusion technique des universités, des UFR et des laboratoires de recherches au détriment des réalités de l’enseignement et de la recherche, suppressions brutales de filières en chassant les étudiant-e-s inscrit-e-s2 sous prétexte de nécessités comptables, mise à mal du rôle social du Crous et de ses services autant que des conditions de travail de son personnel.

En bref, à Grenoble, au contraire d’un illusoire havre de paix universitaire, nous assistons à la déclinaison zélée des logiques de casse, de privatisation et d’austérité que nous constatons également au niveau national et international, avec toute la violence sociale que cela implique. Les conséquences pour les étudiant-e-s sont la baisse de la qualité, l’augmentation des couts, l’échec, la sélection sociale et l’élitisme. Et la privatisation se décline aussi dans l’espace, le campus étant de plus en plus modelé par ses décideurs comme un espace de consommation.

A leurs projets nous opposons une conception publique, gratuite, laïque, critique et populaire de l’université ! La solidarité est plus que jamais d’actualité pour nous réapproprier collectivement nos études, le campus universitaire et notre ville ! Nos revendications portent nécessairement au-delà de nos amphis : transport gratuit, logements pour toutes et tous, défense du service public (par exemple hospitalier), nous l’affirmons, la réponse est sociale et populaire.

Pour ces raisons, notre syndicat mène, avec toutes celles et tous ceux qui partagent nos valeurs, un effort de veille, d’analyse et de contre-réflexion critique ; il s’efforce à quotidiennement informer, rassembler, avec comme objectif de lutter collectivement, par la mise en place d’un rapport de force, pour l’intérêt de tout-e-s les étudiant-e-s, et en solidarité avec les travailleur-euse-s !

1 Nous conseillons a toutes et tous à propos de ses différents points la lecture édifiante du journal d’investigation locale Le postillon. Voir : http://www.les-renseignements-genereux.org/postillon/

2 On notera à ce titre la suppression sauvage par l’UJF des formations « professeur de physique chimie » et la « conseiller technique hydraulique » désormais closes, et tout-e-s les étudiant-e-s sommés de partir les suivre ailleurs sans aide.

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