Même « au féminin » et camouflée derrière du théâtre d’impro, l’idéologie patronale n’est pas la bienvenue à la fac !

Ce lundi 9 mars 2015, une « improvisation théâtrale » aura lieu à l’université. Cependant, derrière un évènement culturel qui se présenterait presque comme féministe, méfiance : il s’agira bel et bien d’un moment de propagande visant à promouvoir l’entreprenariat auprès des étudiantes.

Alors que les réformes successives de l’UMP comme du PS cassent peu à peu l’université publique et que les bourses sur critères sociaux sont largement insuffisantes, ce qui contraint plus de la moitié des étudiant-e-s à se salarier pendant l’année (première cause d’échec à l’université), le nouveau délire de l’entreprenariat étudiant est une parade de diversion, une esquive, habilement mise en œuvre par les politiques et les responsables nationaux comme locaux.

Qui plus est, en tant que syndicat anti-sexiste, nous dénonçons le trompeur détournement de l’actualité du 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, choisie par le mouvement ouvrier, auquel elle est historiquement associée, pour se démarquer du féminisme bourgeois, pour promouvoir cet évènement pro-patronal : oui le statut d’entrepreneur existe aussi au féminin, Laurence Parisot, ex présidente du MEDEF (le lobby des patrons qui promeut la casse du droit du travail et organise le chômage de masse copains comme cochons avec l’UMP et le PS) en a été l’exemple vivant.

Pourtant qu’ils/elles soient hommes ou femmes, les patrons restent celles et ceux qui nous pressurisent au taf, qui ne nous payent pas nos heures sup’ (mais qui s’adonnent à la fraude fiscale), qui nous menacent, qui finissent par nous licencier. Quel que soit leur sexe et quel que soit leur genre, leur intérêt reste le profit sur notre dos, et les inégalités salariales et de carrière entre hommes et femmes demeurent.

Alors ne nous laissons pas berner, et ne prenons pas des vessies pour des lanternes ! Nous sommes étudiant-e-s, et nous préfèrerions que l’UPMF mette en place un vrai statut de l’étudiant salarié plutôt que d’organiser ce genre de propagande pour l’entreprenariat étudiant ! Nous alertons les étudiant-e-s sur la multiplication récente de ce type d’événements sur le campus, suite à la mise en application des contre-réformes visant à soumettre l’Université publique aux intérêts privés, ainsi qu’à la signature, dans la plus grande opacité, d’une convention-cadre entre l’Université de Grenoble et le MEDEF-Isère. (On imagine mal, pourtant, un tel partenariat avec Solidaires, notre union syndicale, ou encore une « Semaine de l’autogestion au féminin »…)i.

Ne nous faisons pas avoir ! Nous sommes étudiant-e-s et nous préférerions que l’université se soucie des faits d’harcèlements sexistes fréquents dans la rue, sur le campus ou parfois même dans les amphis ou les bureaux plutôt que de vouloir promouvoir le patronat auprès des femmes !

Ils maquillent les vrais problèmes, ils esquivent les questions qui nous préoccupent vraiment ! Pour ces raisons, agissons, et demandons-leur des comptes !

Quel que soit leur sexe, quel que soit leur genre, patrons et patronnes hors de nos facs !

Défendons collectivement l’université publique, gratuite, laïque, critique et populaire !

i Les élus de Solidaires Etudiant-e-s au conseil d’administration de la COMUE ont d’ailleurs tenté d’obtenir sa rupture, mais notre motion s’est vue refuser sa simple mention à l’ordre du jour, ce qui en dit long sur le caractère anti-démocratique de cette instance…

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