Wauquiez, UNI, et le détournement de fond public

À la solidarité, le pouvoir oppose souvent la rigueur. Le discours est connu : faire payer aux étudiant-e-s la crise illusoire de l’université et du patronat. Tout le monde doit « faire des efforts », participer à « la relance de l’économie »…

wauquiez-ambitions

Et voici que nous franchissons encore un cap sur l’échelle de l’indécence : ceux-là mêmes qui encouragent les réformes pro-patronales, qui appellent à la réduction des budgets publics, dilapident les fonds de l’état en se laissant aller aux magouilles les plus sinistres. L’on peut ainsi découvrir une surprenante proposition de subvention de la région, de l’ordre de 50 000€, allouée à l’UNI, l’Union Nationale Inter-universitaire.

Mais voyons, qu’elle est cette mystérieuse UNI ? Tout simplement la voix universitaire et lycéenne de la droite dure en France, et elle le revendique. Depuis sa fondation en 1969 par plusieurs militant-e-s d’extrême droite, défendant des projets inégalitaires comme la sélection en master, luttant au niveau national contre le droit de vote des étrangè-re-s, ou encore le droit de toutes et tous au mariage, cette organisation a fait de l’élitisme et du nationalisme son credo.

arton11441.png

Le soutien inhabituel de la région à une telle association s’explique facilement. Surtout quand les militant-e-s de l’UNI Grenoble participaient aux élections universitaires avec des T-shirts « Laurent Wauquiez » sur le dos, à l’époque où lui-même faisait campagne. Surtout quand les déclarations du président de région sont promues sur les réseaux sociaux par l’UNI. Surtout quand cette organisation peut, en somme, servir à défendre son projet idéologique. En ce sens, la mission régionale grâce à laquelle elle a gagné 50000€ est d’assurer la liaison entre entreprises et étudiant-e-s, lors de conférences, ou via un site internet. Nous ne le répéterons jamais assez : il n’y a rien de plus contradictoire avec les intérêts des étudiant-e-s que d’intégrer les entreprises et le patronat sur le campus. Il faut se méfier d’une idée qui, prise de différentes manières, peut vouloir dire deux choses parfaitement opposées : « l’Université n’est pas un lieu isolé sans rapport avec le monde ». C’est évidemment vrai, mais de ce constat, les gouvernements, et le patronat avec lui, ont toujours tiré la même analyse : il faut adapter l’enseignement au marché du travail. Ce serait pourtant une grave erreur. C’est justement parce que l’Université a sa place dans la société et c’est justement parce que les étudiant-e-s seront souvent obligé-e-s de trouver un travail après que l’enseignement ne doit pas s’adapter au tissu économique, ce qui ferait totalement tombé la valeur du diplôme et augmenterait la précarité pendant et après les études. Ce qui déjà commencé depuis les réformes Pécresse en passant par la Loi Fioraso. (Pour une analyse plus détaillée, vous pouvez voir par ici : https://solidairesetudiantsgrenoble.files.wordpress.com/2013/09/contextualisation-dune-marchandisation-du-savoir-et-de-lc3a9ducation.pdf)

Uni

En revanche, on voit peu l’UNI se préoccuper de la précarité étudiante, du mal-logement, de la sélection sociale (ils la défendent!), des problèmes de harcèlement à l’université ; on l’entend peu d’ailleurs, hors des élections.

Pour ces raisons, Solidaires Etudiant-e-s Grenoble exige le retrait des subventions à l’UNI ainsi que la mission nauséabonde mise en place par la région qui va dans le sens de la soumission de l’université aux intérêts privés des entreprises et du patronat qui les dirigent. Cette Université ne sera jamais la nôtre !

Publicités