Geneviève Fioraso effrayée par la démocratie (et les syndicalistes…) [communiqué de presse]

C’est avec grande joie que nous avons appris que Madame Geneviève Fioraso, députée, ex-ministre de l’enseignement supérieur sous le quinquennat d’Hollande, ex-présidente de la Sem Minatec Entreprises, venait nous rendre visite sur le campus ce vendredi 10 juin à 17h en inaugurant l’IMAG, bâtiment flambant neuf,  construit afin « de favoriser l’arrivée de nouveaux partenaires industriels, de valoriser l’innovation, et de placer en son cœur une recherche partenariale approfondie entre les secteurs industriels et académiques » selon le porteur du projet, Yassine Lakhnech (ex-vice-président du conseil scientifique de l’UJF). Bâtiment qui ne pouvait que trop plaire à Madame Fioraso qui a toujours érigé comme principe de sa politique de « gauche » de travailler main dans la main avec le patronat grenoblois et qui a donc continué sa logique de destruction de l’indépendance de la recherche universitaire dans sa fameuse loi éponyme. Cette loi Fioraso s’intègre parfaitement dans le processus de privatisation de l’enseignement supérieur, dît « processus de Bologne ».

Nous sommes diamétralement opposés à cette logique de marchandisation des savoirs et des travailleur-se-s de l’Université soumis-e-s désormais à la tyrannie de l’excellence. Tyrannie qui n’est rien d’autre que celle des vainqueurs de la compétition économique généralisée au sein du monde universitaire. Nous sommes par delà ça profondément mobilisé-e-s contre le projet de loi travail que défend farouchement madame Fioraso : cette loi est celle du dumping social et de la précarité à vie pour les étudiant-e-s et les travailleur-se-s.

C’était donc ferme mais tout de même heureux de pouvoir enfin discuter de tous ces sujets avec l’ex-ministre que nous l’attendions devant le nouveau bâtiment à 17h pétante, tout en organisant avant une votation parce que nous aimons débattre, discuter avec les étudiant-e-s, leur expliquer pourquoi nous pensons devoir rejeter cette loi.

Quelle n’était donc pas notre déception de la voir décommander au dernier moment ! Un camarade nous a dit qu’elle a été effrayée par les votes et notre volonté d’aller porter le débat avec elle lors de l’inauguration. Après tous les 49.3 du gouvernement elle n’ose plus s’exprimer, elle n’ose plus parler ; elle se sent toujours un petit peu intimidée.

Mais viens débattre Geneviève, promis on ne te fera pas de mal ! Ne prend pas peur !

Nous n’avons pas peur de convaincre nous !

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