Take Eat Easy : l’auto-entrepreunariat, nouvel avatar de précarité !

Ce communiqué est un communiqué commun de l’Union Syndicale Solidaires, SUD commerces et services et Solidaires étudiant-e-s.

Il y a quelques jours, la société Take Eat Easy, spécialisée dans la livraison à domicile pour la restauration, a été mise en redressement judiciaire.

L’entreprise s’est contentée d’un simple SMS à ses 3.000 coursier-e-s. Les factures aux coursier-e-s et restaurants ne seront pas payées en juillet alors que nombre de livreuses/eurs sont des étudiant-e-s et/ou précaires qui comptaient sur ce job d’été, notamment pour financer la rentrée.

Ici, point question de « licenciement » ou de « non-paiement de salaires » car les employé-e-s n’en sont pas. Tou-te-s les coursier-e-s ont le statut d’auto-entrepreneurs/euses et sont payé-e-s toutes les deux semaines sur facture. Si les 160 salarié-e-s du siège de Take Eat Easy seront payé-e-s en juillet et si les coursier-e-s belges bénéficieront d’un fond débloqué d’environ 300.000 euros, ce ne sera pas le cas pour la France alors que c’est plusieurs centaines de milliers d’euros d’impayés pour les coursier-e-s.

Face à cette situation, des premiers collectifs de coursier-e-s se sont créé-e-s… et subissent déjà la répression patronale. Et si la solution vantée par Take Eat Easy est le changement d’entreprise vers la concurrence (pour un statut similaire), il n’est pas sûr que tou-te-s les coursier-e-s soient réembauché-e-s.

Mais c’est une dynamique globale qui doit être dénoncé. Ce que certain-e-s appellent l’« uberisation » de la société, à savoir le développement d’entreprises sans salarié-e-s de droit commun, disposant, en lieu et place, d'[auto]-entrepreneuses/eurs sous-traitant-e-s. Ces dernier-e-s, travailleuses/eurs non reconnu-e-s, ne bénéficient d’aucun droit du travail. Un parallèle peut être fait avec la généralisation du service civique prévue par le Parlement dans l’économie sociale et solidaire et les services publics (retrouvez la pétition ici) : non content de détruire le droit du travail, ce gouvernement appuie aussi le développement d’emplois déguisés en dehors.

L’Union Syndicale Solidaires, SUD commerces et services ainsi que Solidaires étudiant-e-s demandent une reconnaissance comme salarié-e-s (de plein droit) de ces emplois déguisés en « auto-entrepreunariat ».

Union Syndicale Solidaires : Solidaires.org // 01 58 39 30 20 // contact@solidaires.org

SUD Commerces et services : 01 40 55 58 22 // fdsudcommerce@yahoo.fr

Solidaires Etudiant-e-s : Solidaires-etudiant.org // 06 86 80 24 45 // contact@solidaires-etudiant-e-s.org

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