Charte anti-sexiste adoptée. Retour sur deux ans de lutte

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Ce jeudi 1er décembre 2016, la CFVU (commission formation et vie universitaire) de l’UGA a voté pour l’adoption d’une charte antisexiste par l’Université. Cette charte était portée par les élu-e-s de Solidaires étudiant-e-s, de l’UNEF et de L.I.C.O.R.N.E. Seul-e-s les élu-e-s corporatistes d’Interasso ont pris position contre la charte, sous le prétexte qu’elle prévoit des sanctions pour les associations qui ne la respecteraient pas et que le contenu serait « idéologique ». Pour eux défendre le droit des femmes et des minorités à ne pas être considérées comme des marchandises à vendre et ne pas subir de violences est donc « idéologique » ! 

Solidaires étudiant-e-s Grenoble porte depuis maintenant plus de deux ans le projet d’une charte antisexiste, en réponse aux problèmes de discriminations, de harcèlement et de viols dans les soirées étudiantes, ainsi qu’à la communication sexiste réalisée autour de ces soirées par les associations étudiantes. Nous avons mené une lutte autour de ces problèmes avec les collectifs féministes. Nous avons gagné face au BDE de médecine et leur communication sexiste (voir ici et  ou encore  ou ) et avons rédigé une charte qui était sur le point d’être adoptée à l’Université Joseph Fourier. Mais la fusion des Universités lors de la création de l’UGA a repoussé le projet, qui a par la suite été pris en main par le Bureau de la Vie étudiante de l’UGA, dans lequel notre élue pour Solidaires étudiant-e-s a été chargée de projet sur la charte.

Malgré le rejet par le BVE de la version que nous avions proposée initialement, pour repartir de zéro sur une version vide de sens, après de nombreux débats compliqués face aux élu-e-s des associations corporatistes de l’Université, et après de nombreux amendements, nous considérons que la version actuelle de la charte est satisfaisante.

Cette charte contient une définition convenable du sexisme (en distinguant les notions de sexe et de genre) et explicite la façon dont le sexisme s’exprime hors Université et dans l’Université.

Elle propose à l’Université de s’engager à mettre en place des formations sur le thème du sexisme, dont une sur le thème précis de la charte et de la communication non sexiste, et de s’engager à veiller au respect de la charte en mettant en place une instance. L’instance aura suffisamment de marge de manœuvre pour avoir un rôle de médiation en cas de non respect de la charte et proposer des solutions, voire même en dernier recours, des sanctions. Elle oblige les associations étudiantes à s’engager à veiller à une communication non sexiste de leurs événements, à former leurs responsables sur le thème du sexisme, et à faciliter la sensibilisation des étudiant-e-s sur le thème du sexisme. Cependant, nous ne sommes pas dupes et savons parfaitement que cette instance est loin d’être l’ultime solution aux problèmes du sexisme sur le campus, qu’elle sera loin d’abolir le patriarcat ; le syndicat reste présent pour soutenir, défendre, les personnes victimes de violences et sera prêt à mettre la pression sur l’instance si elle ne remplit pas son rôle.

C’est un pas en avant important pour l’égalité entre toutes et tous à l’Université !

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